Plongez dans l’univers captivant de ONEIRA avec notre interview exclusive. Découvrez les coulisses de la création de cette œuvre fascinante et faites connaissance avec ses talentueux artistes. Entre confidences et révélations, laissez-vous guider par l’imaginaire de Cab et Federica Di Meo
Ne manquez pas cette occasion unique de plonger au cœur des secrets de ONEIRA et de comprendre ce qui rend cette aventure artistique si singulière.

Pouvez-vous nous présenter l'histoire de ONEIRA en quelques mots ?
Cab : L’histoire d’Oneira se déroule dans un monde de dark fantasy, un univers qui pourrait faire penser à Berserk ou encore The Witcher. Dans ce monde, les cauchemars ont réussi à prendre forme, à devenir tangibles. Pour lutter contre eux, la Couronne – le royaume où se déroule notre histoire – a créé une caste de chasseurs de cauchemars, appelés les Epeires. On suit Arane, la plus célèbre des chasseuses de cauchemars de la Couronne, dans sa quête pour éradiquer ces créatures, tout en protégeant sa fille Vénus, qui cache un terrible secret.

© 2025 Di Meo – Cab – Kana (Dargaud-Lombard s.a.)
Comment est née l’idée d’ONEIRA et du concept de cauchemars prenant vie ?
Cab : L’idée est née d’une chanson, Nature Boy de Nat King Cole, que j’ai découvert dans la reprise d’Aurora, une chanteuse incroyable. J’écoutais ce morceau à Londres, dans un métro hivernal et humide, et l’ambiance était très pesante. Plus j’écoutais, plus je visualisais ce jeune garçon évoqué par la chanson, qui a commencé à prendre forme dans mon esprit comme une créature plutôt qu’un humain. L’idée qu’il soit cauchemardesque s’est imposée naturellement : il fallait qu’il soit inquiétant. Après un an et demi de recherches sur la représentation des cauchemars dans la pop culture, l’univers d’Oneira a fini par naître tel qu’on le connaît.

Pourquoi avoir choisi une protagoniste féminine forte pour un manga seinen ?
Cab : J’imaginais un personnage dont la simple présence impose le silence, pas pour sa beauté ou sa force, mais pour l’aura qu’elle dégage. J’avais en tête cette impression que donne Charlize Theron dans une publicité Dior, lorsqu’elle sort de l’eau : une prestance presque intimidante. Une femme pouvait mieux incarner ce mélange de charisme et de mystère qu’un homme, qui aurait peut-être immédiatement évoqué la puissance physique. Et puis, parlant de relations parent-enfant, notamment mère-fille, il me semblait naturel de placer ce vécu du point de vue d’Arane. J’ai même échangé avec des parents et enfants adoptés pour nourrir cette sensibilité.

Quelles ont été vos principales inspirations pour le lore et l’univers d’ONEIRA ?
Federica Di Meo : Nous avons réalisé énormément de recherches visuelles, avec des moodboards sur Pinterest, et nous observons chaque jour des détails gothiques et sombres qui nous inspirent. Bien sûr, des œuvres comme Berserk, Claymore ou même Black Butler ont été des sources d’influence. Mais nous avons voulu mélanger ces inspirations dark fantasy avec des idées plus larges pour créer un univers unique, où l’élégance et la peur cohabitent.

Comment s’est déroulée la collaboration franco-italienne entre vous deux ?
Federica Di Meo : Au départ, Cab n’avait pas de dessinateur ou dessinatrice. Plusieurs tests ont été lancés, presque une dizaine, et j’ai été choisie à la fin. C’était amusant, car je n’avais pas compris que le test demandait deux pages, et j’ai fait une page unique avec dix cases ! Mais ils ont senti immédiatement que quelque chose se dégageait d’Arane. Après, nous avons discuté pendant des heures sur Messenger pour harmoniser nos visions. Très vite, nous avons constaté que nous partagions beaucoup plus de points communs que de différences.

Pouvez-vous nous en dire plus sur la conception du bestiaire et des cauchemars ?
Federica Di Meo : Chaque cauchemar devait avoir sa forme propre, son aura et son pouvoir spécifiques. Par exemple, la Muse, l’un des premiers cauchemars, devait être à la fois élégante et effrayante. Nous nous sommes inspirés de silhouettes humaines légèrement déformées, de certaines maladies qui transforment le corps, pour créer des créatures uniques. Je n’avais jamais dessiné de monstres auparavant, et cela a été une vraie liberté.
Cab : Nous voulions que l’univers soit vaste et que chaque peur puisse être incarnée sous une forme cauchemardesque. Nous avons même classé les cauchemars par catégories pour structurer le bestiaire et offrir aux lecteurs un repère clair.

Quelle place occupe la musique et le jeu audio dans l’expérience ONEIRA ?
Cab : Essentielle. Je ne peux pas travailler sans musique. L’ambiance sonore nourrit l’imaginaire et l’émotion. Nous nous envoyons souvent des morceaux pour définir l’atmosphère d’un personnage ou d’une scène. Cela nous a même poussés à créer un album musical avec Alex, pour accompagner le tome 1 de L’Enfant Cauchemar et offrir une immersion totale.

Que peuvent attendre les lecteurs du prochain arc « L’Ère des Souverains » ?
Cab : C’est le véritable cœur de l’histoire que nous avons toujours voulu raconter. Cet arc est plus politique, plus épique, avec une dimension fantasy plus classique et une narration chorale. On découvre enfin l’ampleur du monde d’Oneira.
Federica Di Meo : Oui, on s’éloigne du récit familial pour explorer un univers beaucoup plus vaste, tout en continuant à suivre Arane et Vénus. Les cauchemars et les combats seront toujours là, mais L’ère des Souverains est vraiment l’histoire que nous avions en tête depuis le début.
Merci beaucoup à Cab et Federica Di Meo pour cette belle interview
L’interview est disponible en vidéo, répartie en quatre parties sur Instagram
Partie 1
Partie 2
Partie 3
Partie 4
Franejoly ![]()