Après avoir marqué la PlayStation avec Marvel’s Spider-Man, Insomniac Games change radicalement de registre avec Marvel’s Wolverine. Le studio délaisse les gratte-ciel de New York, les déplacements aériens et une certaine légèreté pour s’attaquer à l’un des personnages les plus sauvages de l’univers Marvel. Un choix qui pouvait sembler évident sur le papier, mais qui représentait en réalité un véritable défi : comment proposer un Wolverine qui ne soit surtout pas un simple Spider-Man équipé de griffes ?

Après avoir parcouru cette nouvelle aventure sur PlayStation 5, la réponse est finalement assez claire. Marvel’s Wolverine possède sa propre identité. Insomniac Games a compris que Logan devait être plus lourd, plus brutal, plus agressif et surtout beaucoup plus vulnérable que Peter Parker. Le résultat est une aventure solo particulièrement ambitieuse, construite autour d’un système de combat viscéral et d’une histoire qui plonge profondément dans le passé du mutant.
Disponible dès le 15 Septembre sur PlayStation 5 exclusivement, Marvel’s Wolverine nous place dans la peau de James « Logan » Howlett, dans une histoire originale située sur la Terre-1048, le même univers que les jeux Marvel’s Spider-Man. Le jeu nous emmène notamment au Canada, à Tokyo et sur l’île de Madripoor, tout en faisant intervenir plusieurs figures majeures de l’univers du mutant, dont Jean Grey, Mystique, Dents-de-Sabre, Oméga Red et Deathstrike.
Mais au-delà de son casting et de son statut d’exclusivité PlayStation, c’est manette en main que Marvel’s Wolverine révèle réellement ses qualités. Et sur ce terrain, Insomniac Games frappe particulièrement fort.
Wolverine n’est définitivement pas Spider-Man
La première chose que l’on ressent lorsque Logan entre en action, c’est son poids. La comparaison avec Spider-Man est inévitable, mais elle permet surtout de comprendre immédiatement le travail réalisé par Insomniac Games. Peter Parker évolue constamment dans les airs, enchaîne les déplacements acrobatiques et utilise sa toile pour contrôler la distance qui le sépare de ses adversaires. Wolverine, lui, reste au sol et avance frontalement.
Cette différence transforme complètement les sensations manette en main. Les attaques de Logan sont plus lourdes, plus directes et beaucoup plus brutales. On ne cherche pas constamment à esquiver le moindre coup : on accepte parfois de prendre des dégâts pour mieux rendre les coups quelques secondes plus tard. Cette philosophie correspond parfaitement au personnage et permet au système de combat de trouver très rapidement sa propre personnalité.

C’est probablement le premier grand succès de Marvel’s Wolverine. Insomniac Games ne s’est pas contenté de reprendre les mécaniques de Spider-Man en changeant le personnage jouable. Le studio a repensé la mobilité, le rythme des affrontements et même la manière dont les dégâts sont perçus afin de donner à Logan une identité qui lui appartient totalement.
Un système de combat qui récompense la rage
Le système de combat repose largement sur l’agressivité. Plus Logan enchaîne les attaques, plus sa jauge de Rage se remplit. Cette mécanique encourage naturellement à maintenir la pression plutôt qu’à attendre systématiquement l’ouverture parfaite pour frapper.
C’est une approche qui fonctionne particulièrement bien parce qu’elle correspond au tempérament du personnage. Plus le combat s’intensifie, plus Logan devient dangereux. Lorsque la Rage atteint son maximum, les dégâts augmentent et le mutant peut continuer à imposer son rythme malgré les attaques adverses.

J’ai particulièrement apprécié cette philosophie parce qu’elle donne une véritable importance à la manière dont on joue. Marvel’s Wolverine ne récompense pas uniquement la précision ou la prudence. Il récompense également la capacité à prendre des risques et à rester au contact des ennemis. La Rage devient ainsi beaucoup plus qu’une simple jauge supplémentaire : elle constitue l’un des piliers du système de combat. PlayStation présente d’ailleurs officiellement la génération de Rage comme l’une des mécaniques centrales du jeu.
Le baroud d’honneur, associé au facteur guérisseur de Logan, complète intelligemment cette mécanique. Lorsque l’on arrive au bord de la défaite, Wolverine dispose encore de ressources pour revenir dans le combat. Cela correspond parfaitement à ce qui fait la particularité du personnage : Logan peut être mis à terre, mais il est extrêmement difficile de l’arrêter définitivement.
Une mobilité pensée pour Wolverine
Faire d’un personnage terrestre un héros aussi agréable à contrôler représentait un autre défi important. Insomniac Games le relève notamment grâce au système de Lunge, qui permet à Logan de bondir rapidement vers une cible située à distance.
Cette capacité change beaucoup de choses pendant les affrontements. Elle permet de réduire rapidement la distance, de passer d’un ennemi à l’autre et surtout de conserver une pression constante. Sans elle, le poids de Logan aurait pu donner une impression de lourdeur excessive. Avec elle, le personnage reste puissant sans jamais devenir lent.
J’ai trouvé cet équilibre particulièrement réussi. Wolverine n’est jamais aussi mobile que Spider-Man, et c’est précisément ce qui rend son gameplay intéressant. Il possède sa propre manière de se déplacer pendant un combat et chaque mouvement semble avoir été pensé autour de sa personnalité et de ses capacités.
Le résultat est un système extrêmement fluide, dans lequel les enchaînements s’enchaînent naturellement sans donner l’impression que Logan perd son poids au passage.
La violence fait partie de l’identité du jeu
Marvel’s Wolverine ne cherche absolument pas à cacher la violence de son personnage. Le jeu assume une approche beaucoup plus graphique que les aventures Spider-Man du studio, avec des affrontements particulièrement sanglants, des démembrements et des blessures visibles.
Mais ce qui m’a convaincu, c’est que cette violence ne paraît pas gratuite. Elle accompagne réellement la manière dont le jeu représente Wolverine.
Logan peut prendre des coups qui devraient mettre n’importe quel autre héros hors combat. Son corps se dégrade pendant les affrontements, ses vêtements se déchirent et les blessures peuvent laisser apparaître son squelette en adamantium avant que son facteur guérisseur ne fasse progressivement son travail.
Ce système donne une véritable matérialité aux combats. Les dégâts ne sont plus simplement représentés par une barre de vie qui diminue. Ils sont visibles sur le personnage et participent directement à l’identité visuelle des affrontements.
Cette dimension est particulièrement importante pour Wolverine. Son pouvoir n’est pas seulement d’être fort ou de posséder des griffes : c’est aussi sa capacité à survivre à des blessures extrêmement violentes. Marvel’s Wolverine parvient à traduire cette caractéristique en une mécanique qui fonctionne autant visuellement que manette en main.
Une structure linéaire qui évite le piège du monde ouvert
L’une des décisions que j’ai le plus appréciées concerne la structure du jeu. Contrairement à Marvel’s Spider-Man, Marvel’s Wolverine n’est pas un monde ouvert. PlayStation le présente officiellement comme une aventure d’action narrative qui privilégie une progression plus maîtrisée.
Ce choix me paraît particulièrement pertinent.

Wolverine fonctionne très bien dans une aventure qui contrôle davantage son rythme. Le jeu peut ainsi alterner les combats, l’exploration, les séquences narratives et les moments plus intimistes sans devoir constamment proposer une nouvelle activité pour occuper une carte gigantesque.
Certaines zones offrent davantage de liberté, notamment Madripoor, mais l’ensemble reste guidé par la progression de l’histoire. On se rapproche davantage d’une grande aventure narrative à la God of Warou Uncharted que d’un gigantesque bac à sable.
Et personnellement, je trouve que cette approche permet au jeu de rester beaucoup plus concentré.
Madripoor apporte une vraie bouffée d’air
Parmi les différents environnements traversés, Madripoor possède évidemment une place particulière. L’île permet à Insomniac Games de proposer une ambiance radicalement différente des régions glacées du Canada ou des rues étroites de Tokyo.
Le jeu exploite notamment les quartiers de Ville basse et Ville haute, offrant des espaces dans lesquels l’exploration prend davantage d’importance. Ces zones permettent également de découvrir des activités et des éléments secondaires qui enrichissent progressivement l’univers et le passé de Logan.
Cette variété géographique fonctionne particulièrement bien. Chaque destination possède sa propre identité et permet de renouveler régulièrement l’expérience sans donner l’impression que le jeu cherche artificiellement à multiplier les environnements.
Le voyage à travers le monde devient donc une véritable composante de l’aventure plutôt qu’un simple prétexte pour changer de décor.
Une histoire qui s’intéresse vraiment à Logan
Le scénario constitue l’autre grande force de Marvel’s Wolverine.
Logan est un personnage profondément marqué par son passé et par les souvenirs qu’il ne parvient pas toujours à reconstituer. L’histoire joue directement avec cette dimension en plaçant son identité et ses souvenirs au centre de l’aventure.

Trois ans après avoir quitté la Team X, Logan la rejoint à nouveau alors que les mutants sont menacés par les agissements de Bolivar Trask, industriel convaincu de la supériorité humaine qui fait capturer et étudier des mutants. La Team X elle-même est liée à Nathaniel Essex, qui l’a formée afin de protéger les mutants.
Cette situation permet au jeu de confronter Logan à des choix particulièrement difficiles. L’aventure ne se contente donc pas d’utiliser son passé comme un simple élément de décor : elle s’en sert pour questionner ce que le personnage est devenu et ce qu’il souhaite réellement être.
C’est cette dimension qui permet à Marvel’s Wolverine de dépasser le simple jeu d’action spectaculaire.
Jean Grey, Mystique, Dents-de-Sabre et les autres
Le casting Marvel constitue évidemment une autre raison majeure de suivre cette aventure.
Jean Grey occupe une place importante aux côtés de Logan, tandis que Mystique et Dents-de-Sabresont directement liés à la Team X et à son histoire. Le jeu convoque également Oméga Red et Deathstrike, deux adversaires particulièrement importants dans la mythologie de Wolverine.

À cela s’ajoutent les Reavers, mercenaires cyborgs employés par Trask, ainsi que la Main, qui constitue également une faction ennemie importante au cours de l’aventure. Les Sentinelles viennent compléter cette galerie de menaces liées à la persécution des mutants.
J’ai apprécié la manière dont Insomniac Games utilise ces personnages. Ils ne donnent pas simplement l’impression d’être présents pour multiplier les références aux comics. Ils participent à l’histoire et permettent de développer différentes facettes de Logan.
Cette richesse est particulièrement appréciable pour les connaisseurs de Marvel, mais l’histoire reste suffisamment centrée sur Logan pour ne jamais se transformer en simple catalogue de personnages.
Liam McIntyre impose sa vision de Logan
L’interprétation de Liam McIntyre est également importante dans la réussite du personnage. L’acteur devait trouver un équilibre compliqué entre le Wolverine extrêmement violent que l’on retrouve dans les combats et l’homme beaucoup plus fragile qui se cache derrière cette colère.
Le résultat fonctionne particulièrement bien.
Logan possède une vraie présence, notamment dans les séquences où le jeu ralentit volontairement le rythme pour s’intéresser à son passé. L’interprétation permet également de mieux comprendre les contradictions du personnage, entre son tempérament explosif, son besoin de protéger les autres et les blessures qu’il porte depuis des années.
Cette dimension humaine évite au jeu de réduire Wolverine à ses griffes.
L’infiltration apporte une variation bienvenue
Marvel’s Wolverine propose également quelques phases d’infiltration. Elles permettent de varier le rythme et donnent au joueur la possibilité d’aborder certaines situations de manière plus discrète.
Il ne faut cependant pas s’attendre à un système d’infiltration aussi profond que le système de combat. Ces séquences restent assez classiques et fonctionnent surtout comme des respirations entre deux affrontements.
Ce n’est pas réellement un problème puisque le jeu sait rapidement revenir à ce qu’il fait de mieux. Mais c’est aussi l’un des domaines dans lesquels Insomniac Games aurait pu aller un peu plus loin.
Une réalisation PS5 qui impressionne
Techniquement, Marvel’s Wolverine est une nouvelle démonstration du savoir-faire d’Insomniac Games.
La modélisation de Logan est particulièrement détaillée et le travail réalisé sur son corps, ses vêtements et ses blessures contribue énormément à la crédibilité du personnage. Les transformations liées aux dégâts et à la régénération sont particulièrement impressionnantes lorsqu’elles se déroulent directement sous nos yeux.
Les environnements bénéficient eux aussi d’un niveau de détail très élevé, tandis que les effets de destruction et les différents éléments visuels renforcent la sensation de puissance pendant les affrontements.

À savoir que sur PS5 Pro, le jeu bénéficie notamment du PSSR, la technologie de reconstruction d’image de Sony, afin d’améliorer la qualité d’image et les performances.
Le résultat est particulièrement convaincant lorsque l’on profite d’un affichage adapté. La fluidité est également essentielle pour un jeu dont les combats reposent autant sur la précision et les changements rapides de cible.
Une bande-son qui accompagne parfaitement la rage
La musique composée par David Fleming accompagne efficacement les différentes phases de l’aventure.
Elle sait rester suffisamment discrète pendant les séquences d’exploration tout en prenant progressivement de l’ampleur lorsque les combats deviennent plus intenses. Cette montée en puissance fonctionne particulièrement bien avec le système de Rage et renforce la sensation que Logan laisse progressivement son instinct prendre le dessus.
La bande-son contribue également à différencier l’expérience de celle proposée par Spider-Man. L’ambiance est plus sombre, plus pesante et surtout beaucoup moins tournée vers l’humour.
Des activités secondaires parfois trop classiques
Tout n’est évidemment pas parfait dans cette aventure.
Les activités secondaires constituent probablement le principal point faible. Les Nightmare Doors, qui permettent notamment de relever différents défis de combat et de déplacement, apportent du contenu supplémentaire mais peuvent finir par donner une impression de répétition lorsque l’on enchaîne plusieurs épreuves similaires.
Le problème reste cependant limité, notamment parce que Marvel’s Wolverine ne repose pas sur un immense monde ouvert rempli artificiellement d’activités.
Certaines séquences d’infiltration auraient également mérité davantage de profondeur. Elles remplissent correctement leur fonction, mais elles restent nettement moins intéressantes que le système de combat.
Ces défauts empêchent le jeu d’atteindre la perfection, mais ils ne remettent jamais véritablement en cause la qualité de l’expérience principale.
Marvel’s Wolverine réussit là où il était attendu
Après avoir terminé cette aventure, le constat est finalement très simple : Insomniac Games a compris Wolverine.
Le studio aurait pu reproduire la formule de Spider-Man et simplement remplacer les toiles par des griffes. Il a préféré prendre le risque de construire quelque chose de différent.

Logan est lourd, brutal, agressif et capable d’encaisser des blessures impressionnantes. Sa Rage récompense l’offensive, son facteur guérisseur transforme les dégâts en élément de gameplay et son Lunge lui donne suffisamment de mobilité pour que les affrontements restent nerveux.
Tout fonctionne autour d’une même idée : donner au joueur la sensation d’être Wolverine.
Et c’est précisément ce qui rend l’expérience aussi satisfaisante.
Verdict : une aventure à la hauteur du mutant griffu
Marvel’s Wolverine avait une énorme responsabilité sur les épaules. Après les excellents jeux Spider-Man, Insomniac Games devait démontrer qu’il était capable de changer complètement de registre sans perdre son identité.
Le pari est réussi.
L’aventure est plus sombre, plus violente et beaucoup plus viscérale. Son système de combat est probablement son plus grand atout, avec une excellente sensation de puissance, une Rage qui encourage l’agressivité et une régénération qui donne une véritable identité aux affrontements.
Le choix d’une structure plus linéaire fonctionne également particulièrement bien. Le jeu ne cherche jamais à devenir artificiellement gigantesque et préfère concentrer son énergie sur sa narration, ses personnages et ses séquences d’action.
Son contenu secondaire manque parfois de variété et certaines phases d’infiltration restent trop classiques, mais ces défauts sont largement compensés par la qualité de l’aventure principale.
Surtout, Marvel’s Wolverine ne donne jamais l’impression d’être Spider-Man avec des griffes.
C’est un jeu Wolverine.
Et après plusieurs heures passées aux côtés de Logan, c’est probablement le plus beau compliment que l’on puisse adresser à Insomniac Games.
Les plus :
+ Un gameplay parfaitement adapté à Wolverine
+ Des combats lourds, brutaux et extrêmement nerveux
+ Une jauge de Rage qui récompense l’agressivité
+ Le Lunge, particulièrement efficace pour maintenir le rythme
+ Une régénération en temps réel impressionnante
+ Un système de blessures particulièrement réussi
+ Une violence graphique cohérente avec le personnage
+ Une excellente mise en scène
+ Une histoire centrée sur le passé de Logan
+ Jean Grey, Mystique, Dents-de-Sabre, Oméga Red et Deathstrike
+ Les Reavers, la Main et les Sentinelles pour renouveler les menaces
+ Des environnements variés entre le Canada, Tokyo et Madripoor
+ Une structure linéaire parfaitement adaptée à l’aventure
+ Une réalisation technique de très haut niveau
+ Une bande-son qui accompagne parfaitement l’intensité des combats
Les moins :
- Certaines activités secondaires manquent d’originalité
- Les Nightmare Doors peuvent devenir répétitives
- Des phases d’infiltration encore trop classiques
- Une structure linéaire qui pourra décevoir les amateurs de monde ouvert
- Quelques activités annexes auraient mérité davantage de variété
Note : 9/10
Marvel’s Wolverine est une aventure exceptionnelle qui réussit surtout à donner au mutant griffu une véritable identité vidéoludique. Insomniac Games ne s’est pas contenté de transposer sa formule Spider-Man : le studio a construit un système de combat brutal, fluide et profondément cohérent avec Logan, tout en proposant une histoire qui s’intéresse réellement à son passé et à ses blessures.
Quelques activités secondaires trop classiques empêchent l’expérience d’atteindre la perfection, mais elles ne suffisent pas à ternir une aventure magistralement maîtrisée. Brutal, spectaculaire et viscéral, Marvel’s Wolverine s’impose comme une excellente exclusivité PS5 et comme l’une des adaptations les plus réussies du célèbre mutant.
Insomniac Games signe une aventure brutale et magistrale.