Lors de la Y/CON 11, nous avons eu le plaisir de rencontrer Sheily Larash, jeune autrice talentueuse publiée chez Albin Michel. Connue pour son premier roman Falling into Pieces, dans la collection Nox, Sheily se distingue par son écriture sensible et immersive.
Dans cet échange exclusif pour DL GAMING, elle revient sur ses inspirations, ses défis d’écriture et ses projets à venir, tout en partageant un regard sincère sur les émotions qui nourrissent ses histoires.

Bonjour Sheily, merci d'avoir accepté cette interview pour notre média DL GAMING.
Est-ce que tu peux te présenter à notre communauté, s'il te plaît ?
Sheily : Bonjour, je suis Sheily Larash, autrice chez Albin Michel. Mon premier roman Falling into Pieces est sorti le 20 février 2025, dans la collection Nox d’Albin-Michel.
Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire ce métier ? Et quelles sont tes inspirations en matière d’écriture ?
Sheily : J’ai commencé à écrire quand j’étais enfant, c’était très cathartique pour moi. Naturellement, je me suis dit que ça pourrait être un bon métier, surtout que j’avais du mal avec les études. Écrire me permet d’être moi-même, sans devoir répondre à quelqu’un d’autre. Mais c’est un métier compliqué : on ne sait jamais si on sera publié. J’ai d’abord commencé en auto-édition, puis j’ai été repérée sur Instagram.
Tu abordes parfois des sujets difficiles, comme le deuil ou la dépression. Comment parviens-tu à les traiter avec autant de justesse ?
Sheily : Les thèmes sont venus d’un besoin personnel d’en parler. Pour être juste, il y a une part de vécu, mais aussi une part de recherche. Je voulais respecter au maximum les personnes qui vivent ces situations au quotidien, qu’elles puissent se reconnaître et comprendre qu’elles ne sont pas « bizarres », que ce sont des phases dont on peut se relever.
Quelle a été la principale difficulté pour écrire Falling into Pieces et comment l’as-tu surmontée ?
Sheily : La difficulté, c’était de me mettre dans des états émotionnels complexes pour écrire des scènes réalistes. Ça m’a parfois mise dans des situations difficiles. Ce qui m’a aidée à surmonter ça, c’est que finir le roman m’a permis d’extérioriser ces émotions. Le personnage de Gisèle, plus solaire et humoristique, m’a aussi posé un défi : j’ai dû m’inspirer d’interviews et d’émissions pour trouver le bon ton. Mais au final, j’aime beaucoup ce personnage qui apporte un peu de lumière au récit.
Est-ce que certains de tes personnages reflètent ta vie personnelle ?
Sheily : Je dirais que c’est moitié-moitié. Il y a une part de personnel, mais aussi beaucoup d’inspiration venant de films, de livres, de musiques ou d’émissions. Par exemple, pour le personnage de Solveig, la musique Sleep Token Atlantic m’a beaucoup inspirée pour traduire la sensation de noyade liée à la dépression. Mais ce n’est pas autobiographique, c’est plutôt une vision de la vie d’une personne dépressive.
Y a-t-il un autre style littéraire ou artistique que tu aimerais explorer ?
Sheily : J’aimerais beaucoup écrire du cyberpunk. J’adore cet univers. J’ai commencé un projet dans ce style, et j’espère pouvoir le finir un jour, car j’aime beaucoup ce que j’ai commencé à créer.
Enfin, quel conseil donnerais-tu à ceux qui souhaitent devenir auteurs ?
Sheily : Écrire, c’est surtout réécrire. Le premier jet n’est que 10 % du travail. Il faut retravailler les émotions, le rythme, les personnages. Falling into Pieces m’a pris six ans, et sans ces réécritures, le roman n’aurait pas atteint cette maturité. Il faut accepter de prendre ce temps.
Merci beaucoup pour cet échange
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